Samedi 8 septembre 10h00 du mat départ du half Ironbask de Saint Jean de Luz (64) en plein coeur du Pays Basque dans un cadre magnifique.

Pour la première fois les 4 distances du triathlon ont lieu le même jour et se chevauchent !
Ironman départ 7h00, halfIronman départ 10h00, CD départ 16h00, et enfin Sprint départ 18h00.
Cela a été mis en place par les organisateurs afin que les clubs puissent caser un maximum d'adhérents, et que ceux-ci se croisent et s'encouragent pendant la CAP, Le principe est plutôt sympa et visiblement a eu du succès, Il y a eu 1 classement spécial club sur les 4 distances.

Après Vouglans et sa montagne où j'en avais chié grave, je pensais que ce Half allait être fastoche, et pour le vélo vu le parcours et le dénivelé je m'attendais à une partie de plaisir : grosse erreur, comme quoi il faut toujours rester humble dans toutes les épreuves.

La veille je vais déposer mon biclou au parc, qui est situé à l'intérieur du gymnase municipal : une idée originale et pratique pour les sécuriser pendant la nuit. Au Pays basque le Malto s'appelle « piment d'Espelette » alors au petit déj j'en mets une grosse poignée sur mes tartines et dans mon café, ainsi que dans mes bidons de vélo. Ensuite direction le parc pour déposer les affaires de CAP, il y a beaucoup de locaux et d'espagnols qui ont l'air super motivés, et un peu bourrins, normal on est au pays basque… Pas mal de cyborgs veineux aussi, avec des vélos super chouettes et des roues lenticulaires (ça va leur faire drôle…;). Mais je reste concentré !

Après vers 9h30 direction la plage de St Jean de Luz située à 800m du parc : la transition va donc être longue et faire mal aux pieds car on doit traverser la ville pour aller au gymnase.

La combi est autorisée car l'eau est à 21-22°, je suis donc super excité car depuis Roth je ne l'avais pas mise ! Top départ à 10h10 dans une mer d'huile, avec le soleil qui commence déjà à taper fort, on voit super bien sous l'eau on dirait un reportage sur l'Iron Man d'Hawaï ! L'eau salée + la combi facilitent grandement les choses pour le piètre nageur que je suis : le rythme est bon et le plaisir est au rendez-vous ! Sortie à l'australienne en 13min30 puis rebelotte. Je sors enfin de l'eau en 27min pour 1900m (Garmin dit 1600m …;) je suis trop trop content de ma nat ! 168Ème sur 300.

Je retire complètement la combi dans le sable dès la sortie de l'eau pour pouvoir mieux courir le long chemin jusqu'au gymnase, que je parcours en 7min, J'arrive au parc et je vois tout plein de vélos ! Yeeeesssss !
Bonne ambiance, public nombreux et bruyant, j'enfourche le Trek et je commence à bien carburer les 20 premiers km (tu m'étonnes c'est plat !). Au 20ème km survient la première difficulté : un col de 5km bien raide que j'avais repéré sur le plan, donc je m'adapte pas de panique, je pense qu'après ça ira mieux. Mais le problème c'est qu'après pendant 45km c'est une succession de petites montées bien raides et de descentes en lacets, pas de répit, et donc je suis vite cramé car en plus le soleil tape fort, il fait 30° et il n'y a pas d'ombre. Mais les paysages sont somptueux : on voit les Pyrénées, le col d'Ibardin, on traverse Ascain, Espelette, Saint Pée sur Nivelle, Guetary… ça remonte le moral. En outre il y a 2 ravitos vélo sur le parcours avec possibilité d'échanger ses vieux bidons vides contre des beaux bidons neufs « Culture Vélo » pleins de Jaja ! Vers le 70ème kilo je vois en face de moi une pure côte, courte mais très raide, je me mets en 39*23 et je suis au bord de m'immobiliser quand je vois écris à la peinture blanche «20%» ah ouhai tu m'étonnes qu'on ai du mal…

A partir du 78ème km grande descente jusqu'à St Jean, puis Garmin me dit « 90km ». je pense donc être arrivé mais en fait ils nous ont réservé une dernière surprise : une bonne côte dans le dernier kilo car en vrai il y avait 91km à vélo… Je suis furax mais j'arrive au parc en 3h07min 164ème sur 300 j'ai gagné 4 places c'est cool. Je suis déjà carbo alors je commence le semi à un rythme de 5min30 du kilo, que j'entends conserver jusqu'à la fin. Les ravitos sont nombreux et bien garnis : pleins de gels POWER-BAR, des pâtes de fruits, de la piperade au piment d'Espelette…

1, 2, 3, 4, 5 ,6 km je reste sur ce rythme de course, mais j'ai de plus en plus chaud, ça tape grave, y'a pas d'ombre, je bois à chaque ravito mais la gorge redevient sèche en 30sec… il y a des douches aussi tous les 2km mais on sèche instantanément ! Et le contrecoup du vélo se fait sentir…

Puis au km 7 et 8 c'est la chute je passe à 6min30 au kilo sans pouvoir relancer, je passe en mode survie, je marche, je bois mais rien n'y fait. Au km 13 survient le coup de massue final , je me transforme en zombie, j'ai mal partout. A 8min au kilo. Sur le bord de la route je vois un type allongé par terre qui se tord de douleur, alors je me dis que je ne suis pas le plus malheureux et je continue. Au 17ème kilo je sens un truc bizarre sous mon talon, je regarde, c'est la semelle de ma pompe qui est en train de se décoller : super ! Peu après elle se décolle complètement, je finis les 20km en mode déséquilibré mais ça va… Je franchis la ligne d'arrivée à fond ( 8km/h !) et à l'agonie en 5h59min30sec 183ème sur 300, j'ai bouclé le semi en 2h15min et perdu 62places

Moralité j'aime pas la chaleur mais pour la dernière de la saison, Ironbask est une superbe épreuve, organisation pro, ambiance style Nevers en + bourrin, natation de rêve dans l'océan, vélo de cyborg dans les Pyrénées (il faut avoir la caisse pour encaisser le parcours) et chaleur digne d'un marathon des sables. Un très beau T shirt en cadeau ainsi que du paté basque au piment d'Espelette hummm !

A 22h15 en sortant du resto, on repasse à l'aire d'arrivée, et le speaker nous annonce l'arrivée du dernier Ironman, alors je suis allé l'encourager, le mec était total cramé mais content, il a donc fini en 15h15...



Marc