Il a affronté les eaux glaçantes des fjords norvégiens et des kilomètres à lutter contre les rafales de vent. Licencié au Mée Sport Triathlon depuis 2011,

Marc François-Brazier, a relevé un véritable défi. Le Norseman est l’une des courses les plus difficiles. Il termine 148 ème sur 300 participants triés sur le volet, après 15 h 21 d’effort. Rencontre.
La République de Seine-et-Marne : Pourquoi avoir voulu participer au Norseman ?


Marc François-Brazier : « Un soir de Noël, entre le foie gras et la dinde, mon frère, me dit : « regarde cette vidéo, en voilà qui sont encore plus dingues que toi ! ».

C’était le Norseman, une course qui se déroule en Norvège. Un parcours 100 % nature, un départ en sautant de nuit, depuis un ferry, dans un fjord glacé. En en parlant autour de moi,

j’ai découvert que dans le monde des triathlètes, si l’Embrunman est une consécration, le Norseman est un mythe, considéré par beaucoup comme inatteignable. Et je me dis : « Pourquoi pas ? »

Comment avez-vous commencé la course à pied ?

Je participais occasionnellement à des courses de 10 kilomètres. Mais tout a réellement commencé l’année de mes 40 ans, en 2002. Un ami inscrit au marathon de Paris m’a défié d’y participer.

J’ai réussi, sans préparation très poussée, en 3 h 27, ce qui était au-delà de toutes mes espérances. Et j’ai surtout pris le virus de la course à pied, dans sa version longue distance.

L’année suivante, je boucle les 42 km en 3 h 10. L’année suivante en 2 h 57. Entre-temps, j’ai découvert le trail. Une discipline qui allie mes deux passions, la montagne et la course.

J’ai donc abandonné la route pour les courses natures. Avec, comme objectif, l’Ultra Trail du Mont-Blanc : le tour du Mont Blanc, 169 km, près de 10 000 mètres de dénivelé positif dans des paysages à couper le souffle.

Après l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, vous ne vous arrêtez plus !

En effet, l’autre course mythique que j’avais comme objectif était la « Diagonale des Fous », cette traversée spectaculaire de l’Île de la Réunion en 168 km.

Ma participation en 2010 s’est achevée à mi-parcours sur une blessure. Puis, je me suis mis au triathlon, avec l’Iron Man de Roth, en Allemagne, réputé pour son ambiance exceptionnelle,

ses 200 000 spectateurs sur le parcours et sa fameuse montée du Solarberg où une marée humaine s’ouvre devant vous. En 2013, je décide de me lancer un autre défi : l’Embrunman, considéré comme l’un des Ironman les plus durs au monde en raison d’un parcours vélo comptant 5000 m de dénivelé.

 

Pour le Norseman, comment et à quelle fréquence vous êtes-vous entraîné ?

Pendant les huit mois de préparation, c’est une moyenne d’une dizaine d’heures par semaine quelles que soient les conditions météos, de jour, mais aussi de nuit.

Ce sont des séances de natation à la base de loisirs de Bois le Roi, début mars avec une eau à 12 degrés, des sorties de vélo de 150 km dans le froid. Et des séances de course à pied malgré une blessure au mollet.

Que ressent-on au départ de la course ?
La joie, d’être enfin là après tant de mois de préparation. Une vraie émotion quand on embarque sur le ferry, puis quand les lumières du quai s’éloignent progressivement.

Enfin, une terrible excitation quand les portes du bateau s’ouvrent et qu’il est l’heure de se jeter à l’eau … dans tous les sens du terme.

Quelle ambiance régnait-il entre tous les concurrents ?

Une grande complicité et une solidarité, comme celle de ceux qui vivent la même aventure intense et affrontent les mêmes défis. Mais en même temps,

c’est une terrible concurrence, pour ceux classés autour de la 160 ème place au départ du marathon et jusqu’au 32 ème km de course à pied. C’est en effet à ce moment que se fait la sélection pour monter au sommet ou pas.

Quelles difficultés avez-vous rencontré ?

Au 140ème, il s’est mis à pleuvoir violemment, avec de très fortes rafales de vent et une faible visibilité. Je n’avançais plus, j’étais frigorifié, et la descente

était un vrai piège : route en tôle ondulée, nids de poule et rigoles d’eau faisant à chaque instant craindre l’aquaplaning. Ensuite, le coup de massue, au moment d’aborder le marathon. Je découvre que je suis 157 ème alors que je pensais être mieux placé.

Finalement, quel a été le classement ?

J’ai terminé 148ème au classement général au sommet, « black tee-shirt » gagné en 15 h 21. J’étais le deuxième plus âgé des participants et seuls 9 des 23 Français aux départs ont réussi à être dans ce fameux groupe des 160.

Qu’avez-vous ressenti sur la ligne d’arrivée ?
Une joie explosive, mais surtout un sentiment d’accomplissement, une joie profonde qui a grandi au fil des derniers kilomètres et de la certitude que rien ne pourrait plus m’arrêter maintenant.

Au bout d’une telle aventure, moulu et fourbu, on se sent plus vivant. Dans les derniers kilomètres de l’ascension, je me suis rendu compte que des moments comme ceux-là n’ont pas de prix, mais une valeur inestimable.

Allez-vous recommencer l’expérience ?

Sans doute. Ce ne sera probablement pas sur la même course, car j’aime affronter de nouveaux challenges, découvrir de nouveaux paysages. Dès 2016, j’aimerais être au départ du Swissman,

dans l’Oberland suisse, et du Celtman, en Ecosse. Quand on vit ce type d’émotion, on a envie d’y re-goûter.

 

Marc